[Dossier] Travailler au Canada dans le domaine du Jeu Vidéo
Aujourd’hui, c’est un article un peu spécial que je vous propose. Il s’agit d’un billet d’invité. Un dossier rédigé par un de mes amis, qui est parti il y a quelques mois au Canada pour travailler dans le domaine du jeu vidéo. Pour ceux qui voudraient tenter l’expérience, ce dossier pourrait être instructif.
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Montréal
Jeu vidéo, poutine et hockey
Ancien étudiant de l’Institut International du Multimédia (IIM), j’ai suivi une formation en 5 ans de Chef de Projet Multimédia (niveau Master II). Au cours de mes études, j’ai effectué un stage en tant qu’Associate Producer sur le prochain STR d’Ubisoft « R.U.S.E », chez Eugen Systems, studio de développement de jeu vidéo parisien.
Diplômé en octobre 2009, j’ai décroché mon premier contrat 2 mois plus tard (un CDI) pour une société de Jeu vidéo déployée à l’international. Il s’agissait de prendre le poste de Producer dans leur studio de Montréal.
Avant toute lecture : Pour raisons de confidentialité, la société pour laquelle je travaillais sera nommé « XXX » et le projet « YYY ».
Marché du travail et Jeu vidéo au Canada
Le Jeu Vidéo est devenu le premier Entertainment au monde devant le cinéma. D’un point de vue géographique, 3 pôles se détachent : l’Amérique du Nord, l’Asie du Sud-est et l’Europe. Ainsi Paris, Londres, Tokyo, Los Angeles, Vancouver ou encore Montréal sont devenues des points « névralgiques » à plus ou moins grandes échelles.
Un « eldorado » dynamique
Plus de 250 sociétés (studios, éditeurs, prestataires) sont recensées au Canada dans l’industrie du logiciel de divertissement dont Electronic Arts, Eidos, Ubisoft, Gameloft … et embauchant près de 15.000 employés pour un chiffre d’affaires annuel de plus de 1,7 milliards de dollars (en 2008).
Cet essor s’explique par un milieu d’affaire favorable aux entreprises et aux professionnels, la création d’un bassin de professionnels compétents avec l’élaboration de formations pour proposer des programmes spécialisés dans le Jeu Vidéo et évoluant au rythme de l’industrie.
Si vous voulez travailler dans le Jeu Vidéo au Canada, concentrez-vous sur les 3 provinces générant l’essentiel de la croissance. C’est à dire la Colombie britannique, l’Ontario et le Québec avec pour principaux centres urbains : Vancouver, Toronto et Montréal.
De plus, le marché du travail est beaucoup plus dynamique en comparaison de l’Europe. Ainsi, oubliez les X mois de préavis concernant licenciement et démission, 2 semaines suffisent. Les mentalités sont très différentes. Un licenciement sonne comme la fin du monde en France, à la différence du Québec. Perdre son emploi peut sembler aisé au Québec mais la réactivité des entreprises donnent un véritable dynamisme au marché.
Trouver un emploi dans le Jeu Vidéo au Canada
Pour vivre votre « rêve », suivez l’adage. « La chance sourit aux audacieux. »
Avant tout, soignez votre Curriculum vitae (C.V / Resume) et Lettre de Motivation (Cover Letter). Allez à l’essentiel en présentant votre parcours, vos aspirations.
Dernier conseil : ni âge, ni photo.
Voici quelques liens utiles :
- Canada AFJV
- Espresso-Jobs : Le site d’emploi en communication et marketing au Québec
- Emploi Québec
- Monster
- Canadian Video Game Companies
- Lien Multimedia
Mon parcours pour trouver un emploi sur Montréal fut peu ordinaire. En premier lieu, j’avais postulé pour un poste de Producer (côté éditeur) pour la société XXX dans leurs locaux de Paris. Après 2 entretiens, la réponse tomba : pas assez d’expérience. Cependant, les ressources humaines me proposèrent un entretien téléphonique pour le poste de Producer au sein de leur studio de Montréal (Production). Après un entretien téléphonique avec le Studio Manager, je fus embauché (décembre 2009).
Après 3 mois d’attente pour compléter ma demande de permis de travail, j’ai atterri à Montréal et pris place comme Producer (Avril 2010). Les semaines passèrent et mon licenciement arriva (Juin 2010) avec pour raison évoquée un manque d’expérience et donc une « erreur de recrutement ». Une fois la nouvelle digérée, mon C.V et ma lettre de motivation mis à jour, j’ai commencé ma recherche d’emploi sur le sol canadien. Le dynamisme du marché est, pour l’avoir testé, des plus véridiques. En quelques jours, j’avais un entretien puis un second 2 semaines après. Cependant, pour des raisons personnelles, de choix de vie et administratif (voir la section « Immigrer à Montréal», j’ai décidé de quitter l’eldorado que pouvait être Montréal pour retrouver un univers connu : Paris. Tout quitter n’est pas chose aisée.
Producer de Jeu Vidéo à Montréal
Contexte
Avant de présenter mon job, voici quelques informations concernant la société « XXX ». Celle-ci emploie plusieurs milliers personnes dans une vingtaine de pays à travers le monde : France, Espagne, Roumanie, Canada, Chine … et développe tous types de jeux (casuals, licences …). De plus, la société produit et édite elle-même ses jeux : la partie Editeur se trouvant à Paris.
Fraichement arrivé dans le studio de Montréal, je pris la place de Producer sur le projet « YYY », jeu d’action/horreur basé sur une licence cinématographique, sortie prévue en décembre 2010.
Structure hiérarchique du projet
L’équipe de production était composé d’une vingtaine de personnes : 3 designers, 7 graphistes (dont 1 animateur), 5 programmeurs, 5 intégrateurs. Chaque pôle de compétences ayant à sa tête un Lead. Et moi, Producer, chapotant tout ce petit monde.
Le projet devait rendre des comptes aux différents Managers du studio de Montréal. Chaque Lead de l’équipe étant responsable auprès de son directeur : programmeurs via directeur technique, designers et intégrateurs via directeur créatif, graphistes via directeur artistique. Quand à moi, j’avais pour supérieur le Lead Producer et le Studio Manager.
A cela venant s’ajouter le regard de l’éditeur basé à Paris. Les différents Managers côté Edition étant : Producer, directeur créatif monde, Lead Producer monde …
Au vu de ce labyrinthe hiérarchique, vous ne pouvez qu’imaginer la complexité des étapes de validations inhérentes à tout projet.
Attentes et Responsabilités du Producer
Les attentes de la société me concernant étaient de planifier et coordonner les phases de production, de manager l’équipe et les relations en interne, de gérer communication et relations studio – éditeur avec par exemple la transmission des directives et des feedbacks de Paris.
D’un point de vue responsabilités, tout problème lié au projet était à ma charge et tout retard devait être justifié par mes soins. Mes principaux outils pour passer outre les obstacles étaient la demande de ressources supplémentaires (rarement accordée), la modification ou l’évolution du projet et des deadlines, la réutilisation d’éléments de production afin de gagner en temps et donc en argent et bien sur l’OVERTIME (outil principal de tout Producer).
Si le Producer possède un grand pouvoir, il est également le premier à se voir « couper les ailes » en cas de difficultés qu’il soit responsable ou non.
Une semaine Lambda dans la peau d’un Producer
- Relever les courriels et y répondre en les priorisant : éditeur / studio / équipe / vie de la société.
- Rester en contact régulier avec l’éditeur (Courriel, MSN), chaque question devant trouver sa réponse dans les plus brefs délais.
- Mettre à jour les plannings de production (ajout / suppression / état d’avancement / … des tâches).
- Tester les dernières versions « buildées » et rédiger un rapport de bugs.
- Faire un tour d’horizon de l’équipe (état des troupes, conflit potentiel, suggestions, requêtes).
- Valider les feuilles de temps de l’équipe, sans validation pas de salaire (une fois par semaine).
- Gérer la prise des vacances et des jours de repos selon le planning.
- Rédiger un rapport d’avancement pour les managers de Montréal et Paris (une fois par semaine).
- Participer aux réunions Projet avec les Leads (une fois par semaine).
- …
Immigrer à Montréal
Les lignes qui suivent concernent principalement mon expérience au Québec et sur Montréal. Cependant, cela peut vous apporter informations et conseils pour une autre province canadienne.
S’y envoler
Une fois l’emploi trouvé, il vous faudra obtenir un Permis de travail temporaire (délai : 10 semaines). Ce document vous permettant de travailler pour UN poste au sein d’UNE entreprise dans UNE ville. Si vous souhaitez changer de société, de ville … vous devrez le refaire.
La demande de Permis de travail temporaire peut être effectuée par la société qui vous recrute ou par vous-mêmes auprès de l’ambassade canadienne. Liste des documents à préparer d’avance si vous désirez tenter l’aventure : acte de naissance, C.V, diplômes, Passeport biométrique …
Puis, une fois le Permis validé, voici 2 compagnies aériennes présentant des tarifs intéressants : Air Transat / Corsair Fly.
S’y installer
Une fois en terre canadienne, vous devez obtenir votre NAS (Numéro d’Assurance Sociale) identifiant personnel vous permettant entre autre d’être payé.
Pour le Québec, vous devez également appliquer à la RAMQ, sécurité sociale québécoise.
Pour trouver un logement, des meubles …, utilisez les sites Kijiji et Craigslist.
Sur Montréal, d’après mon expérience, centrez vos recherches d’appart sur le centre-ville et Le Plateau.
Y vivre.
Quelques lieux à découvrir :
- Pour manger : Mont-Royal Hot Dog, St Viateur & Bagels, La Banquise, L’Express, Le pied de Cochon …
- Pour boire : La Distillerie de Montréal, Chez Baptiste …
- Pour fumer la Shisha : Café Gitana
Localisation des places citées ci-dessus.
Afficher Montréal sur une carte plus grande
Devenir fan de hockey et du Canadien de Montréal ne vous demandera pas plus d’un match. Absorbez l’effervescence de toute la ville et hurlez « GO HABS ».
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Si vous souhaitez lui poser des questions, répondez en commentaire.




bon reportage, belle expérience de vie.
Compare a ton stage chez Ubi france, quelles sont les grosses différences (pas dans la fonction que tu as occupé, mais dans le temps de travail, ambiance générale….)
Si tu as la possibilité de repartir travailler au Canada, pour une période plus longue, le ferais tu ?
Posted on juillet 23rd, 2010 at 13 h 39 min
Mais…on avait dit la société XXX !
Article très intéressant et surtout aéré qui donne un bon aperçu déjà. Le Canada, un Eldorado mas si doré que cela sous certains points. Mais lorsque l’on est motivé et disponible, c’est à tenter !
Je pense que ce témoignage va soulever tout un tas de questions de la part des Internautes !
Au plaisir de lire la suite.
Posted on juillet 23rd, 2010 at 17 h 14 min
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Damien Kerhoas, Game Addicts. Game Addicts a dit: [Dossier] Travailler au Canada dans le domaine du Jeu Vidéo http://fb.me/Fq8zhG6l [...]
Posted on juillet 23rd, 2010 at 18 h 45 min
Lisez bien.
@Minoard: Il n’a pas fait de stage chez Ubi france, mais chez Eugen Systems.
@L’or en dé: voir ci-dessus ^^
Posted on juillet 23rd, 2010 at 22 h 54 min
Et une precision @Minoard, attention à l’amalgame, Ubisoft, et Ubi France sont 2 sociétés bien distinctes ^^
Posted on août 15th, 2010 at 16 h 40 min
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